Et si l’on pouvait demander à une intelligence artificielle de trouver le bon produit, comparer les prix et finaliser un achat sans jamais quitter une conversation ? C’est désormais possible avec ChatGPT, qui intègre une fonctionnalité shopping et redéfinit l’expérience d’achat en ligne. 

Pour les consommateurs, cette évolution promet un parcours plus fluide, rapide et intuitif. Pour les marques, elle ouvre un nouveau canal d’acquisition et de conversion, tout en soulevant la question de la maîtrise de la relation client. C’est pourquoi cet article propose un décryptage complet de ce tournant majeur pour l’e-commerce : son fonctionnement, ses bénéfices, ses limites et les perspectives qu’il dessine.

Le shopping conversationnel, une nouvelle étape pour l’e-commerce

L’intelligence artificielle conversationnelle a déjà bouleversé la manière dont nous cherchons et consommons l’information. Désormais, elle devient un canal d’achat à part entière. ChatGPT Shopping repose sur un modèle de langage capable de comprendre les intentions des utilisateurs et d’y répondre en proposant directement des produits pertinents, issus de catalogues marchands et de résultats en ligne.

Cette évolution s’inscrit dans le mouvement plus large initié par Google avec les “4 S” : Streaming, Scrolling, Searching, Shopping. La recherche conversationnelle ne se limite plus à fournir des réponses textuelles : elle devient transactionnelle. L’utilisateur peut comparer, obtenir des avis et accéder aux meilleures offres sans changer d’interface.

Selon Gartner, 30 % des requêtes e-commerce pourraient transiter par un LLM (Large Language Model, un modèle de langage de grande taille capable de comprendre et de générer du texte en langage naturel) d’ici fin 2025. Et aux États-Unis, Statista observe déjà que 38 % des internautes utilisent une interface conversationnelle pour chercher ou acheter des produits, soit une progression de 24 % en un an. Ces chiffres montrent à quel point ce mode d’achat gagne rapidement du terrain.

Comment fonctionne ChatGPT Shopping ?

Concrètement, ChatGPT Shopping s’appuie sur l’intégration de flux produits (via API ou plugins) et sur l’analyse de données structurées : titres, descriptions, prix, images, stock, avis clients. Ces informations permettent au modèle de langage d’afficher des suggestions adaptées au besoin exprimé par l’utilisateur.

Par exemple :  une requête comme « je cherche une paire de baskets de running à moins de 100 euros, livraison rapide » déclenche une réponse conversationnelle où l’IA propose plusieurs modèles, compare les prix et précise les délais. L’utilisateur peut affiner sa demande : couleur, taille, marque, sans repartir de zéro, car l’IA conserve le contexte de l’échange.

Le système ne se limite pas à l’affichage d’options : il intègre des liens directs vers les sites marchands partenaires, ce qui réduit les étapes du tunnel de conversion. D’après Microsoft, depuis l’intégration de GPT-4, Bing a observé +16 % de clics sur les liens shopping et un gain de +19 % en pertinence des résultats e-commerce.

OpenAI affirme que ses suggestions ne sont pas sponsorisées, mais issues d’un tri basé sur la pertinence et la qualité des données. Toutefois, l’intégration des catalogues via Shopify, Magento ou Prestashop laisse présager une montée en puissance des modèles de monétisation, entre référencement organique et payant.

Ce que cela change pour les consommateurs

shoppping et ia

Pour l’utilisateur, le bénéfice est immédiat : fini les dizaines d’onglets ouverts, les comparaisons laborieuses et les recherches interminables. En une seule requête, il obtient une sélection de produits filtrés selon ses critères, accompagnés d’avis et d’éléments de réassurance.

L’expérience devient conversationnelle, presque naturelle. On peut poser des questions comme à un conseiller humain : « quelle différence entre l’iPhone 15 et le Samsung Galaxy S24 ? », et obtenir une synthèse claire, suivie d’offres disponibles.

Le gain de temps est considérable. E-marketing.fr résume bien la tendance : « au lieu de faire défiler des pages de résultats, vous pouvez engager une conversation, comparer des produits et vous concentrer sur l’essentiel, en langage naturel ».

La personnalisation est aussi un atout majeur. L’IA s’appuie sur le contexte, les préférences et l’historique pour ajuster ses propositions. Une demande initiale peut être précisée par étapes (« je préfère un modèle en cuir »), et l’assistant affine la réponse en temps réel.

Ce mode d’interaction crée une expérience plus accessible, y compris pour des publics moins à l’aise avec les interfaces classiques. La conversation abaisse les barrières et rend l’achat en ligne plus intuitif.

Un nouveau levier d’acquisition pour les marques

Pour les e-commerçants, l’intégration à ChatGPT représente une opportunité stratégique : se positionner directement au moment où l’utilisateur exprime son intention d’achat. Là où Google Shopping ou Amazon dictaient jusqu’ici les règles, une nouvelle interface de découverte s’impose.

Selon McKinsey, les marques qui investissent dans l’IA augmentent en moyenne de 17 % leur taux de conversion. Les retours des premiers tests confirment cette tendance : certaines enseignes pilotes indiquent déjà une hausse de 10 à 22 % du taux de clics vers panier grâce à des recommandations conversationnelles plus pertinentes.

La possibilité de valoriser des produits moins visibles est également un avantage. L’IA ne se limite pas aux best-sellers : elle peut pousser des articles pertinents, parfois sous-exploités dans un catalogue, en fonction de l’intention détectée. Cela élargit le champ de visibilité et peut contribuer à diversifier les ventes.

Enfin, la donnée récoltée au fil des échanges offre un levier supplémentaire. Les mots utilisés, les critères de choix et les objections renseignent sur les attentes réelles des clients. Ce feedback conversationnel est bien plus riche qu’une simple statistique de clic et peut nourrir la stratégie marketing.

Les opportunités et défis à relever

Si les bénéfices sont évidents, plusieurs limites subsistent. Le premier enjeu concerne la désintermédiation : l’utilisateur interagit avec ChatGPT, non directement avec la marque. Cela peut réduire l’exposition au storytelling, aux valeurs et aux éléments de réassurance propres au site.

Autre difficulté : la perte de contrôle sur le parcours client. Quand la recommandation se fait dans une interface tierce, la marque n’a plus la main sur la progression du tunnel de conversion. Les opportunités de cross-sell, de fidélisation ou de personnalisation avancée peuvent être limitées.

Se pose aussi la question de l’équité d’accès. Les grands acteurs disposant de catalogues structurés et optimisés seront favorisés. Pour les petites entreprises, il faudra redoubler d’efforts pour apparaître dans les résultats. C’est ce qu’on appelle déjà le GEO (Generative Engine Optimization), une nouvelle discipline qui consiste à optimiser ses flux produits pour l’IA générative.

Enfin, les problématiques de transparence et d’éthique restent ouvertes. Comment distinguer clairement une recommandation organique d’une mise en avant sponsorisée ? Comment garantir la protection des données sensibles comme les marges commerciales ? Ces interrogations conditionneront la confiance des utilisateurs et la pérennité du modèle.

L’avenir du shopping conversationnel

Les perspectives vont bien au-delà de la simple recommandation produit. Plusieurs acteurs financiers travaillent déjà à l’intégration du paiement directement dans le dialogue. Aux États-Unis, Visa a annoncé un pilote pour connecter son réseau à des agents intelligents, permettant théoriquement de finaliser un achat en une phrase : « ChatGPT, achète-moi ce produit ». Mastercard et PayPal avancent sur des initiatives similaires.

À moyen terme, le shopping conversationnel pourrait aussi s’hybrider avec d’autres usages : vocal avec Siri ou Alexa, ou augmenté avec des lunettes connectées capables de localiser une offre en magasin physique. Cette convergence entre online et offline renforcerait encore la fluidité de l’expérience.

Le taux d’erreur des recommandations IA a déjà fortement baissé, passant de 8,5 % à 3,2 % en un an selon eMarketer. Cela montre la rapidité avec laquelle la technologie s’affine. D’ici quelques années, il est probable que le shopping conversationnel devienne une norme, au même titre que la recherche sur Google ou la commande vocale.

Envie d’en savoir plus ? Lisez notre article : L’essor du commerce conversationnel : intégrer les chatbots dans votre stratégie marketing.

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Le shopping conversationnel incarne une transformation majeure de l’e-commerce. Pour les consommateurs, il simplifie et personnalise l’expérience. Pour les marques, il ouvre un nouveau terrain d’opportunités, mais exige aussi une adaptation rapide : optimiser ses données produits, travailler son autorité digitale, et trouver le bon équilibre entre visibilité et maîtrise de l’expérience client.

Chez Agence THRIVE, nous accompagnons les entreprises dans cette mutation. Notre rôle est de vous aider à structurer vos flux, à optimiser vos contenus pour l’IA générative, et à intégrer ces nouveaux leviers dans une stratégie digitale cohérente. Vous souhaitez positionner vos produits dans les recommandations conversationnelles et renforcer vos conversions ? Contactez-nous dès aujourd’hui et construisons ensemble une expérience e-commerce performante et adaptée aux usages de demain.

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